Le Programme fédéral belge de Renommage, l’organe gouvernemental responsable du reclassement de Seattle et du dossier pending de Madrid, a publié une déclaration formelle prenant ses distances avec ce qu’il appelle « le programme américain de renommage, » à la suite d’une semaine pendant laquelle les États-Unis ont renommé un aéroport, un pont et un tronçon de route de six kilomètres du nom de leur président en exercice.
« Nous tenons à préciser, pour le registre, que les deux programmes n’ont aucun lien entre eux, » peut-on lire dans la déclaration. « Le programme belge renomme des villes étrangères du nom de villes belges, conformément à des résultats footballistiques, suivant un processus parlementaire régulier. Le programme américain renomme des choses américaines du nom d’un seul Américain, conformément à rien du tout, suivant un processus que nous avons étudié de près et que nous ne pouvons qualifier que de ‘je l’ai léché, c’est à moi.’ »
La déclaration, longue de quatre pages, consacre une section entière à ce qu’elle appelle la « doctrine de l’acquisition par proximité, » selon laquelle tout objet qu’un chef d’État a touché, survolé, longé en voiture ou sur lequel il s’est posé est réputé porter son nom. Les juristes belges consultés par le programme ont confirmé que la doctrine n’a aucun fondement en droit international, mais ont noté qu’elle possède « une certaine cohérence de cour de récréation. »
« Quand un enfant lèche un biscuit pour que personne d’autre ne le prenne, nous comprenons l’impulsion, » poursuit la déclaration. « Quand un État lèche un aéroport, un pont, un boulevard, et tente de lécher un centre des arts du spectacle la même année fiscale, nous assistons à autre chose. Nous ne sommes pas sûrs de quoi. Nos anthropologues sont divisés. »
Le programme a exprimé une préoccupation professionnelle particulière concernant l’aéroport. « Un aéroport est renommé du nom d’un président à titre de mémorial, par une communauté reconnaissante, après la fin de la présidence, » note la déclaration. « Le renommer pendant la présidence, par législation, avec la marque déposée enregistrée à l’avance par la propre société du président, ce n’est pas un hommage. C’est de l’inventaire. »
La déclaration se conclut par une offre d’assistance technique. « La Belgique a renommé une ville étrangère de 750 000 habitants à coût zéro, à l’aide d’une modification de carte et d’une conférence de presse dans un frituur. Le programme américain a dépensé 5,5 millions de dollars pour renommer un aéroport que le président utilisait déjà. Nous sommes disponibles pour consultation. Nos tarifs sont raisonnables et payables en respect. »
Le programme belge a confirmé que, conformément à ses principes fondateurs, il n’a pas l’intention de renommer quoi que ce soit du nom d’un politicien belge. « Nous avons vérifié si quelqu’un le souhaitait, » indique la déclaration dans une note de bas de page. « Personne ne le souhaitait. C’est, nous le croyons, toute la différence entre nos deux pays. »