Le gouvernement fédéral belge a officiellement notifié à l'Espagne qu'une victoire lors du quart de finale de la Coupe du Monde de samedi entraînerait le changement immédiat du nom de Madrid en « Sud-Charleroi », dans ce que les diplomates qualifient de provocation territoriale la plus agressive depuis l'incident de New-Brussels plus tôt cette semaine.
L'annonce, transmise par une note diplomatique formelle à l'ambassade d'Espagne à Bruxelles, comprenait, selon les informations, une étude d'impact de 47 pages, une étude de faisabilité pour une extension de tram de Charleroi à Madrid, et un seul gaufre, que les diplomates espagnols ont décrit comme « déroutant mais délicieux ».
« Nous voulons être très clairs : ce n'est pas un bluff, » a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères aux journalistes lors d'une conférence de presse de suivi, une fois de plus tenue dans un frituur. « On a fait Seattle. On fera Madrid. Les documents sont prêts. La seule variable, c'est le résultat de samedi. »
Le choix de Charleroi
Le choix de Charleroi, largement reconnue comme la ville la moins photogénique de Belgique et prétendante perpétuelle au titre de centre urbain le plus déprimant d'Europe, a soulevé des questions sur la question de savoir si le renommage est destiné à être un honneur ou une punition. Les responsables belges affirment qu'il s'agit des deux.
« Charleroi est une ville de caractère, » a poursuivi le porte-parole, avant de marquer une pause que les témoins ont décrite comme anormalement longue. « Il y a... des infrastructures. Des bâtiments. Une rivière, techniquement. Madrid devrait être fière de rejoindre la grande agglomération métropolitaine de Charleroi. »
Le gouvernement espagnol a réagié avec ce que les analystes interprètent comme un mélange de perplexité et de préoccupation sincère. Une déclaration du palais de la Moncloa a noté que « l'Espagne respecte le droit de la Belgique à une diplomatie créative » mais a averti que « toute tentative d'installer un métro léger de style Charleroi à Madrid serait considérée comme un acte de guerre ».
Le paquet de déclassement urbain
Le renommage s'accompagnerait d'un paquet de déclassement urbain complet. La Puerta del Sol de Madrid serait reclassée en gare routière régionale. Le musée du Prado serait transformé en hypermarché Carrefour avec un éclairage fluorescent particulièrement agressif. Tous les bars à tapas seraient tenus de servir des mitraillettes, la contribution signature de Charleroi à la gastronomie européenne, consistant en un pain baguette rempli de viande frite et enterré sous des frites et une sauce mieux décrite comme « industrielle ». La sangría serait progressivement abandonnée au profit du Cara Pils servi à température ambiante.
Peut-être le plus controversé, la proposition inclut le renommage de l'aéroport de Madrid-Barajas en « Sud-Charleroi International », une convention de nommage avec laquelle les Belges sont déjà intimement familiarisés, étant donné que l'aéroport de Charleroi-Bruxelles-Sud se trouve à environ 60 kilomètres de Bruxelles et sans doute encore plus loin d'être agréable. Les responsables ont noté que, selon le nouveau plan, « Sud-Charleroi International » serait toujours techniquement plus proche du vrai Charleroi que l'aéroport de Charleroi-Bruxelles-Sud ne l'est de Bruxelles, ce qu'ils ont décrit comme « une amélioration nette en matière d'honnêteté géographique ».
La tradition de la sieste serait préservée mais rebaptisée « le midi de Charleroi », durant lequel les habitants seraient encouragés non pas à se reposer mais plutôt à fixer le ciel couvert par une fenêtre en contemplant la Sambre. Les responsables ont reconnu que l'absence de ciel couvert à Madrid posait un défi logistique, mais ont indiqué qu'ils « cherchaient des solutions d'ensemencement de nuages ».
Les habitants de Charleroi : peu enthousiastes
Tous les Belges ne sont pas enthousiastes face au plan. Les habitants de Charleroi elle-même ont exprimé des inquiétudes quant au fait que l'association avec Madrid pourrait nuire à la réputation soigneusement cultivée de leur ville. « On a passé des décennies à construire une marque très spécifique, » a déclaré un habitant, qui a demandé à rester anonyme. « On n'a pas besoin de soleil et de culture pour diluer ça. On a une Ville Basse et un centre commercial avec un toit qui fuit. C'est ça, notre identité. »
Guerre psychologique
Le calendrier de l'annonce est perçu comme une guerre psychologique délibérée avant le match de samedi au SoFi Stadium à Inglewood, en Californie. L'Espagne aborde la rencontre comme grande favorite, mais les responsables belges semblent imperturbables. « Ils ont dit la même chose des Américains, » a noté le porte-parole. « Seattle a désormais une pause déjeuner obligatoire de deux heures et un Manneken Pis à la place de la Space Needle. On n'a pas peur des favoris. »
La Belgique affronte l'Espagne samedi à 18 h 00 CET. En cas de défaite, le gouvernement a confirmé que toutes les ambitions territoriales seraient « temporairement suspendues » jusqu'à la Coupe du Monde 2030, à laquelle il compte annexer le lieu où se tiendra la finale, « quel que soit le résultat, parce qu'à ce moment-là ce sera devenu une question de principe ».