Le Président des États-Unis a déclaré un cessez-le-feu avec l'Iran « terminé », lancé plus de 170 frappes à travers le territoire iranien, renouvellé sa revendication sur le Groenland, menacé de retirer toutes les troupes américaines d'Europe et ordonné un arrêt immédiat de tout commerce avec l'Espagne, le pays que la Belgique affronte en quart de finale de la Coupe du Monde samedi.

La Maison-Blanche assure que ces évolutions sont sans rapport avec la défaite 4-1 de lundi contre la Belgique à Seattle, un revers qui a éliminé les États-Unis d'une Coupe du Monde qu'ils co-organisent. Les diplomates au sommet de l'OTAN à Ankara sont apparemment moins convaincus.

« Il n'y a aucun lien entre les décisions de politique étrangère du Président et un match de football, » a déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche mercredi, avant d'ajouter, sans que personne ne lui demande, que l'arbitre « a clairement pris plusieurs décisions discutables » et que la situation Balogun « a prouvé que nous avions raison depuis le début. »

La séquence des événements a rendu la thèse de la coïncidence difficile à défendre pour les analystes. Lundi soir, la Belgique a démontelé les États-Unis devant 69 000 spectateurs au Lumen Field, les joueurs belgues célébrant leur quatrième but en effectuant ce qui a été largement identifié comme une imitation de la danse de rassemblement signature du Président. La Fédération royale belge de football a publié « Invalidez ça » sur les réseaux sociaux dans les minutes qui ont suivi le coup de sifflet final.

Le cessez-le-feu, invalidé

Mardi matin, le Président était à Ankara pour le sommet de l'OTAN. En quelques heures, il avait déclaré le fragile cessez-le-feu iranien « terminé », trois semaines après l'avoir décrit comme une « capitulation sans condition », et autorisé une nouvelle vague de frappes sur plus de 80 cibles iraniennes, dont des ports, des aéroports et des installations militaires.

« Nous les avons frappés très fort la nuit dernière, » a déclaré Trump à des journalistes mercredi. « Nous les frapperons probablement très fort à nouveau ce soir. » Interrogé sur le point de savoir si le timing était lié à la frustration intérieure liée à l élimination de la Coupe du Monde, le Président a répondu : « Je ne sais même pas ce que c'est. Je ne regarde pas le foot. Personne ne regarde le foot. »

Les données d'audience de Fox, qui détient les droits de diffusion américains, suggèrent le contraire.

Le Groenland, à nouveau

L'escalation groenlandaise a suivi un schéma familier pour les alliés de l'OTAN, mais d'une intensité marquée. Le Président a déclaré à des journalistes que le territoire arctique « devrait être contrôlé par les États-Unis, et non par le Danemark », et a menacé de retirer tous les soldats américains d'Europe si le Danemark continuait à resister. La Première ministre danoise Mette Frederiksen a répondu que le Danemark était « prêt à défendre chaque centimètre de l'OTAN, y compris notre propre territoire. » Elle n'a pas commenté le match de football.

« Je suis très mécontent de l'OTAN. » Le Président Trump, dans une déclaration que les analystes disent pouvoir viser les dépenses de défense, l'Iran, le Groenland, ou le fait que sept États membres de l'OTAN avaient déjà félicité la Belgique

La Belgique elle-même a été pointée du doigt dans les propres données de dépenses de l'OTAN, publiées le jour d'ouverture du sommet, comme l'un des quatre pays ne respectant même pas l'ancien objectif de 2 % du PIB consacré à la défense. Le timing de cette révélation, quelques heures après que la Belgique a éliminé les États-Unis de la Coupe du Monde, a été décrit par un diplomate européen comme « soit une malchance spectaculaire, soit un ciblage spectaculaire. »

La situation espagnole

Mais c'est la situation espagnole qui a attiré le plus d'attention dans les cercles de la Coupe du Monde. Mercredi, Trump a décrit l'Espagne, que la Belgique affronte en quart de finale samedi au SoFi Stadium, comme « un partenaire terrible de l'OTAN » et a ordonné au Secrétaire au Trésor Scott Bessent de stopper tout commerce américain avec le pays. Les fautes de l'Espagne, selon le Président, incluent des dépenses de défense insuffisantes, le refus d'accorder son espace aérien pour les opérations contre l'Iran, et ce qu'il a décrit comme une attitude générale d être « pas aidante. »

Les supporters de football belges ont noté que déclarer la guerre économique au prochain adversaire de son équipe constitue, au minimum, une forme inhabituelle d'analyse d'avant-match.

Le gouvernement espagnol a répondu qu'il traitait les déclarations de Trump comme « une affaire comme les autres », une expression que les diplomates à Bruxelles ont interprétée à la fois comme admirablement retenue et techniquement exacte.

Le tableau d'ensemble

L'effet cumulé du sommet de l'OTAN de 48 heures a été un paysage diplomatique qui semble, pour les observateurs extérieurs, avoir été entièrement façonné par un match de football de huitièmes de finale. Le Président est entré à Ankara venant à peine d'assister à l élimination de son pays de sa propre Coupe du Monde, un tournoi dans lequel il était personnellement intervenu pour réintégrer un attaquant suspendu, qui n'a ensuite eu aucun impact, et en est reparti ayant déstabilisé trois relations bilatérales, lancé une nouvelle série de frappes au Moyen-Orient et publiquement qualifié au moins quatre alliés de l'OTAN d'ingrats.

Le gouvernement belge n'a pas publié de réponse formelle à aucune des évolutions du sommet, mais des sources à Bruxelles indiquent que le ministère des Affaires étrangères a commencé à préparer un plan de contingence au cas où le Président tenterait de révoquer l'adhésion de la Belgique à l'OTAN par décret exécutif à la suite du quart de finale.

« Nous surveillons la situation, » a déclaré une source diplomatique belge. « Si nous battons l'Espagne samedi, nous nous attendons à ce qu'il envahisse la Wallonie d'ici lundi. »

Le quart de finale démarre à 18 h 00 CET samedi. L'Iran n'a pas commenté le point de savoir si son cessez-le-feu était également une victime du score à Seattle, mais un porte-parole de la mission iranienne auprès des Nations unies a été cité comme disant : « Quatre-à-un, c'est quatre-à-un. Nous comprenons la frustration. »